BIM : du bâtiment intelligent à la ville intelligente
Et demain ?

BIM : du bâtiment intelligent à la ville intelligente

09.06.2017

La maquette numérique et la ville intelligente ont pour point commun d’être des expressions à la mode. Néanmoins, derrière ces buzzwords, se cachent de véritables enjeux pour le futur de la ville et ses habitants. Comment le BIM peut-il contribuer à la Smart City ? Les réponses d’Olivier Blachon, directeur Business Development de Visiativ, société qui accompagne les entreprises dans leur transformation numérique.

Pourquoi le BIM est-il, selon vous, un facteur favorable à l’émergence de la Smart City ?

Ce qui m’intéresse, c’est l’aspect sociétal du BIM. En 2050, les trois quarts de la population mondiale vivront dans des villes. Dans certains pays émergents, ces métropoles n’existent même pas encore. Va-t-on construire ces nouvelles villes sur le modèle de nos cités occidentales ? Cela sera impossible. L’hyper concentration de l’activité dans les villes pose en effet d’innombrables problèmes de voirie, d’énergie ou de transport. Il faut donc inventer une nouvelle façon de construire nos villes. Sans pour autant empêcher les pays émergents de se développer. Chez Visiativ, nous pensons que le chemin vers la Smart City passe par des bâtiments plus intelligents. C’est une approche très concrète. Voilà pourquoi la généralisation de nouvelles approches technologiques comme la maquette numérique BIM est extrêmement importante.

Le lien entre maquette numérique et ville intelligente concerne donc plutôt les villes nouvelles ?

Pas uniquement. Dans nos vieux pays comme la France, se pose aujourd’hui un problème de rénovation. Nous dépensons des fortunes en raison de l’absence de numérisation des bâtiments. Chaque fois que l’on doit intervenir, on doit se déplacer pour comprendre comment le bâtiment a été construit. De plus, l’enjeu de la maquette numérique c’est aussi de maîtriser un ouvrage sur l’ensemble de son cycle de vie. De sa conception à sa déconstruction en passant par tous les stades d’exploitation. Par définition, la vie d’un bâtiment est beaucoup plus longue que son temps de construction. Cela vaut donc vraiment le coup d’investir sur le long terme.

Réinventer les habitudes de travail ou de vie, ce n’est pas vraiment la raison première du BIM…

Les ressources sont devenues rares. Les nouvelles technologies doivent changer notre façon d’occuper les bâtiments. C’est l’enjeu de la révolution du Smart Building et du BIM. Prenons l’exemple du bâtiment tertiaire. Le sujet des entreprises aujourd’hui c’est de délivrer la même qualité en organisant différemment la façon de travailler de ses collaborateurs. Il ne s’agit plus de construire des m², mais de proposer des immeubles adaptés aux personnes qui ont prévu de passer effectivement au bureau chaque jour. Par sa simplicité et sa souplesse, la maquette numérique doit aider à optimiser en permanence les immeubles en fonction de leurs usages. Elle doit permettre de repenser complètement nos habitudes.

Peut-on espérer une mutation rapide des professionnels sur ces sujets ?

Aujourd’hui les technologies sont prêtes. Tous les grands pays ont lancé des initiatives en faveur de nouvelles normes de construction et la plupart des appels d’offres imposent l’usage de la maquette numérique. Néanmoins, pour l’instant nous sommes encore trop sur des démonstrateurs. Il n’y a pas de généralisation. Pourquoi continuer à faire des plans en 2D alors que les équipes sur les chantiers ont du mal à les lire ? Tout le secteur doit comprendre l’intérêt de collaborer ensemble autour de la maquette numérique BIM.

Qui doit mener cette révolution culturelle ?

C’est par un faisceau d’actions que l’on pourra changer les choses. Les usagers et entreprises doivent être forces de propositions. Il faut bousculer le secteur de la construction. Ne pas attendre qu’il évolue au rythme qui lui convient. C’est le même réflexe qu’il faut avoir avec les collectivités. Les métropoles doivent d’abord être exemplaires en matière de bâtiments intelligents pour leurs propres besoins. Elles doivent également proposer une infrastructure qui permette de rendre accessibles les données des fournisseurs de services. Pour autant, il ne faut pas tout attendre des pouvoirs publics. C’est aux acteurs de terrain de s’interconnecter. Et cela sera d’autant plus simple avec la généralisation d’outils comme le BIM.

Un article signé OKedito

© Dubray Photographie

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