GA Smart Building lance la réalisation du premier hôtel sur la lune
Et demain ?

GA Smart Building lance la réalisation du premier hôtel sur la lune

01.04.2019

Après des mois de travail sous embargo, et suite à l’appel d’offres lancé par la compagnie de tourisme spatial Moon X, l’annonce est désormais officielle. GA Smart Building va construire le premier hôtel sur la lune. Nous avons posé trois questions à Gabriela de Langlais, la future cheffe de chantier au sein de GA Smart Building.

La première question vous semblera évidente, et on a déjà dû vous la poser à de nombreuses reprises : est-ce que le dépaysement – le déracinement, même – ne risque pas d’être trop dur à encaisser ? Vous et vos ouvriers partez sans vos familles…

Tout dépend de la manière dont vous envisagez les choses. Si c’est la distance que l’on considère, oui, il y a un aspect très impressionnant. Ce ne sont pas des distances auxquelles l’homme est habitué, elles ne font pas partie de son échelle de grandeur. A ce titre, oui, il y a une préparation mentale qui est nécessaire, et toute l’équipe est d’ailleurs suivie en amont par des psychologues et d’anciens astronautes. Maintenant, si c’est le temps que vous prenez en compte, plutôt que la distance, il est plus facile de relativiser. Quand les européens se lançaient à la conquête de l’Amérique ou de l’Australie en bateau, le temps de traversée était autrement plus intimidant que celui que nous allons passer sur la lune. Eux aussi laissaient des familles derrière eux, et sans aucun moyen de communiquer. Je ne dis donc pas que cela sera facile : simplement que l’humanité est déjà passée par là, en un sens, et qu’elle s’en est bien remise. Je suis assez confiante ! Ma famille s’est bien faite à l’idée, je pars le cœur léger.

Si l’on s’en tient à votre métier même… quel est le plus gros risque sur un chantier pareil ? Faut-il penser autrement ?

Vous trichez, il y a deux questions en une (rires) ! Votre question est toutefois très pertinente. Il faut bien avouer que construire le premier hôtel lunaire, d’un point de vue symbolique – et même philosophique – ce n’est pas tout à fait comme construire un hôtel à Paris. Il y a la pression de la première fois, l’envie de proposer quelque chose de durable, de beau, d’innovant, qui soit à la hauteur de l’événement. Passer à côté de l’histoire, ce serait terrible, n’est-ce pas ? Ce serait ça, le plus gros risque. Notre entreprise a toujours été portée sur l’innovation, et en cela, il n’y a pas de rupture dans la manière de penser. De fait, je ne dirais pas qu’il s’agit de penser autrement : plutôt de penser plus loin que d’habitude. Pour tout vous dire, voilà des années que réfléchir à ce que pourrait être un bâtiment « extra-terrestre », au sens strict, est devenu une sorte de petit jeu intellectuel dans l’entreprise. Croyez-moi ou pas, mais quand j’ai passé mon dernier entretien pour rejoindre la société, la première question qui m’a été posée, c’est « comment imagineriez-vous les premiers bâtiments de Mars ? ». Avec la lune, on est un peu plus près de la terre… mais vous voyez que c’est une lubie qui nous suit depuis un moment. Je suis heureuse que ce que nous considérions comme un pur exercice de pensée devienne notre quotidien.

Vous devez tout de même avoir des contraintes particulières ? Même si les futurs pensionnaires évolueront dans une apesanteur artificielle, on peut imaginer qu’il y a beaucoup de problématiques nouvelles à prendre en compte.

L’apesanteur, c’est un peu la tarte à la crème : les seuls à pâtir de son absence, en réalité, ce sont les ingénieurs internationaux qui vont installer les dômes destinés à la rétablir. De notre côté, nous, nos conditions de travail ne seront finalement pas si différentes. Pour nous, le vrai défi, c’est d’imaginer nos futurs bâtiments dans un contexte où par définition, l’accès aux ressources naturelles n’est pas acquis. L’eau courante, pour ne citer que cela, est un problème plus crucial que l’apesanteur, dans notre projet ! Et sur la lune, la question de la durabilité du bâtiment, de son cycle de vie, est infiniment plus cruciale que sur terre. Nous partons d’une feuille vierge et cela, en un sens, est une opportunité inouïe.  Vous serez peut-être surpris de constater que dans son organisation, sa structuration, la première ville lunaire ressemblera davantage à une cité romaine antique qu’à une ville « moderne » de 2019. Quand on rentre dans le détail, évidemment, il en va autrement. Mais certains aspects, comme les sources d’énergie, ne nous concernent qu’indirectement : c’est à nous de nous y adapter. C’est un vrai projet de dingue, oui. Mais maintenant qu’on a décroché la lune, pas question de la lâcher !

Vous y avez cru ?! Poisson d’avril ,-)

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