Future of work : Cobots, des collègues de choix
Et demain ?

Future of work : Cobots, des collègues de choix

16.06.2017

Sous la forme d’exosquelettes ou de bras articulés, les robots collaboratifs investissent peu à peu le monde du travail. Leur mission : soutenir les travailleurs pour l’accomplissement de tâches pénibles ou de gestes de haute précision. Pour leurs concepteurs comme leurs utilisateurs, ils sont un gage d’efficacité et promettent d’accroître les compétences humaines. Zoom sur une robolution de l’emploi pas comme les autres.

Pour l’individu, l’idée d’être remplacé par le robot a toujours été anxiogène. « Ces préoccupations ne sont pas nouvelles : à chaque nouvelle vague d’innovation importante, au moins depuis la Renaissance, la crainte d’un chômage technologique lié à la substitution de l’homme par la machine ressurgit », écrit ainsi le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) dans le premier volet de son rapport « Automatisation, numérisation et emploi », publié en janvier dernier.

L’avenir radieux que l’on promet à la cobotique, pourtant, ne saurait attiser ces craintes. Car les robots collaboratifs ou cobots ne sont pas conçus pour remplacer un opérateur, un chirurgien ou un aide-soignant, mais pour les accompagner. Ils peuvent ainsi prendre la forme d’un bras articulé programmé et guidé par l’homme ou, plus avancé encore, d’un exosquelette.

Résultat, si cette nouvelle génération de robots représente un marché mondial limité de 150 millions de dollars contre 11 milliards pour les robots classiques, son coût de dix fois inférieur à un robot industriel et sa flexibilité laissent aujourd’hui croire à son déploiement massif, indique le quotidien Libération.

Cofinancé par l’Union européenne, le projet ANDY (Advancing anticipatory behaviors in dyadic human-robot collaboration ) a justement été lancé à Gênes le 18 janvier pour « améliorer la capacité des robots à coopérer avec les êtres humains dans des environnements industriels et domestiques, en interprétant les demandes physiques et en réduisant les risques de blessures ».

Mais le milieu industriel, le milieu médical et le secteur de l’immobilier ont d’ores et déjà introduit des cobots dans leurs environnements.

Agents au service d’usines moins pénibles

Baptisés de petits noms comme Sawyer, Niryo One ou Sybot, ils font d’abord leur entrée dans les usines. « Notre démarche avec Sybot, un bras robotique polyvalent, c’est de faire une machine toute entière dédiée à l’interaction avec l’homme pour lui prendre la part répétitive et pénible du travail, explique Yvan Measson, ingénieur issu du CEA List et PDG d’Isybot.

« Revaloriser des postes, les rendre moins pénibles et plus productifs », tels sont les objectifs de ce cobot aujourd’hui utilisé pour les opérations de ponçage notamment. Ils sont d’ailleurs au cœur des motivations des concepteurs comme des attentes des utilisateurs. « Le pari de la robotique collaborative c’est de dire qu’une équipe d’hommes et de robots est plus performante sur le long terme qu’une équipe de robots seule ou une équipe d’hommes seule. Car les avantages de l’un sont les inconvénients de l’autre. Le robot ne fatigue jamais, est précis, et peut faire un même geste sans se blesser ou s’ennuyer, tandis que l’homme lui est très sensible à la tâche répétitive physiquement et psychologiquement. En revanche, contrairement au robot, il a une connaissance du contexte dans lequel il fait. Il est capable de s’adapter à une situation nouvelle, ou qui n’est pas prévue à la base. Ainsi, si vous mettez l’un et l’autre côte à côte vous créez des processus beaucoup plus performants », assure Jérôme Laplace, directeur de HumaRobotics, société distributrice du cobot Sawyer.

Assistants médicaux ultra-précis

Cette assistance à l’homme dans son emploi ne limite d’ailleurs pas à l’industrie. Dans les hôpitaux, les robots chirurgicaux se déploient petit à petit pour apporter plus de précision aux gestes effectués en salle d’opération.

Aujourd’hui, l’ensemble de la gamme Rosa, conçu par Medtech, ou le robot Da Vinci, inventé par Intuitive Surgical, sont ainsi utilisés par les chirurgiens pour des interventions sensibles du cerveau, du cœur ou de la moelle épinière. « Rosa sécurise le geste, réduit la taille des incisions et rend l’opération moins invasive », expliquait Bertin Nahum, son créateur, en 2016.

Les kinésithérapeutes, eux aussi, peuvent bénéficier de l’aide de robots. À l’image de Robot-K, présenté au salon Innovative SHS de Marseille en mai. Mobile, il est conçu pour l’aide à la rééducation à la marche de patients ne pouvant plus de se tenir quand, pour d’autres, les kinés utilisent des tapis de marche par exemple.

D’autres secteurs appelés à collaborer avec les robots

Les usines et les hôpitaux ne sont pas les seuls à faire entrer des cobots en leur sein. Le secteur de la construction entame également un tournant robotique. C’est ainsi qu’en Suisse, In Situ Fabricatorest, dont le bras permet d’y fixer des outils en fonction des tâches à accomplir, pourrait devenir l’allier des ouvriers sur les chantiers. De son côté, la jeune société Scaled Robotics imagine des robots mobiles sur chantier.

Autant d’innovations qui concourent à la construction d’une collaboration nouvelle, entre l’humain et le robot.

Un article signé Usbek & Rica

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