L’agriculture pour nourrir les populations dans les villes (2/2)
Et demain ?

L’agriculture pour nourrir les populations dans les villes (2/2)

30.03.2018

Deuxième épisode sur la nouvelle vague de l’agriculture en ville. Après les potagers sur les toits synonymes de bien-être et de biodiversité avec Topager et Merci Raymond, découvrez des concepts très différents avec Agricool et la Ferme Urbaine Lyonnaise. La vocation ici est de nourrir les populations en ville. Les deux start-up ont inventé des modes de culture afin recréer des conditions optimales pour la pousse de fruits et de légumes sains et goûteux.

En 2050, 80 % des populations mondiales habiteront en ville. Des populations qu’il faudra nourrir. Comment faire ? L’agriculture urbaine pourra-t-elle assurer la sécurité alimentaire pour les milliards de citadins ? C’est en tout cas le challenge relevé par des Ag-Techs qui imaginent de nouvelles solutions pour implanter l’agriculture en milieu urbain et fournir toute l’année des fruits et légumes frais, bons, en quantité, sans pesticide, tout en optimisant l’utilisation des ressources. Les modes de cultures hors sol, fonctionnant en milieu fermé, ont déjà donné lieu à des projets fiables, en cours de développement dans les villes.

Agricool : cultiver le bon goût des fraises en « Cooltainer »

Agricool est l’inventeur du conteneur à fraises. L’idée a germé dans l’esprit de Gonzague Gru et Guillaume Fourdinier, deux amis d’enfance fils d’agriculteurs déçus par la qualité des produits frais vendus en zone urbaine. Leur leitmotiv : rendre accessible en ville des fruits et légumes aussi bons qu’à la campagne. Ils ont d’abord choisi de se concentrer sur la culture des fraises. Des fraises savoureuses et sans pesticide, produites tout au long de l’année, au plus près des consommateurs. Ils ont conçu des containers de 30 m², véritables écosystèmes dans lesquels ils ont recréé les conditions optimales de culture : température de printemps qui évolue au fil de la journée, irrigation avec une solution de sels minéraux et de nutriments essentiels aux plantes, air filtré, bourdons pollinisateurs, éclairage par LED fournissant le spectre lumineux idéal pour les fraises.

Ce mode de culture en « aéroponie » permet d’économiser 90 % d’eau et de nutriments par rapport à l’agriculture conventionnelle. Ce que les fraises n’absorbent pas est recueilli dans une cuve et redistribué en circuit fermé. Installé sur l’équivalent de deux places de parking, un conteneur peut accueillir 4 000 fraisiers, pour une production annuelle de 7 tonnes de fruits, soit presqu’autant qu’un demi-hectare en plein champ.

Ferme Urbaine de Lyon : sécuriser l’alimentation en ville où vivent 70 % de la population mondiale

Avec la Ferme Urbaine de Lyon (FUL), le rapport d’échelle change. « Nous visons à répondre à la problématique d’approvisionnement alimentaire dans les villes », affirme Philippe Audubert, directeur général de FUL SAS. La ferme lyonnaise est soutenue par les actions « Programme d’Investissement d’Avenir » de l’ADEME  et « Projets agricoles et agroalimentaires d’avenir » avec France AgriMer , et par des entreprises, comme le semencier Vilmorin et le Groupe Roullier, spécialiste de la fertilisation. « S’il s’agit de produire en abondance des cultures maraîchères dans un système clos, notre modèle n’en respecte pas moins les plantes : zéro pesticide, une eau purifiée par osmose, un liquide nutritif distribué par un système de va-et-vient, détaille Philippe Audubert. Dans une solution en éternel mouvement, les agents pathogènes ne se développent pas. Les plantes consacrent leur énergie à pousser, sans avoir à lutter contre des agressions externes. Résultat : les végétaux grandissent jusqu’à 5 fois plus vite et contiennent 40 % de matière sèche en plus. »

Tout est automatisé dans la serre hydroponique FUL : ce bâtiment de 150 m2 accueillant 10 étages de cultures, dispose d’un système capable de reproduire tous les climats entre 10 et 40°C, des robots assurent la translation des plantes au fil de la croissance, des LED éclairent les végétaux avec diverses longueurs d’onde selon la maturité… « Les applications sont nombreuses. À côté des magasins de produits frais ou des usines de transformation agroalimentaire, FUL favorise les circuits courts. Dans les parkings souterrains inoccupés des bâtiments, FUL valorise les sous-sols urbains. Dans les zones arides ou à l’inverse polaires, les citadins auront accès à des fruits et légumes frais tout au long de l’année… »

Quand on vous dit que l’agriculture est l’avenir de la ville ?

Un article signé OKedito

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