L’agriculture est l’avenir de la ville (1/2)
Et demain ?

L’agriculture est l’avenir de la ville (1/2)

29.03.2018

Une déferlante verte gagne aujourd’hui le cœur des villes. Les citadins sont nombreux à rêver de potagers urbains. Mais derrière cette tendance bonne à la fois pour la santé, l’environnement et le moral, des start-up essaiment des concepts et des dynamiques très différents. Invitation à découvrir deux premiers projets innovants d’agriculture urbaine : Topager et Merci Raymond, deux entreprises qui rêvent d’une ville où le jardinage et la biodiversité soient dans l’air du temps.

Bien plus qu’un effet de mode, les jardins potagers urbains sont sources d’innombrables bienfaits pour la ville. Ils assainissent l’air, sauvegardent la biodiversité, créent des liens entre les habitants, constituent des îlots de fraîcheur l’été, captent les eaux de pluie pour éviter les inondations, contribuent à la lutte contre le changement climatique en diminuant les émissions de CO2. Une étude britannique de l’Exeter Medical School a observé que le fait d’ajouter 300 arbres par kilomètre carré dans une zone très polluée, conduisait à une baisse de fréquentation des urgences pour cause d’asthme de 50 sur 100 000. Cette étude associe même les jardins à des réductions d’hospitalisation pour asthme à de faibles niveaux de polluants. Autant d’excellentes raisons pour vouloir reverdir la ville ! Marseille, Lyon et Paris ouvrent la voie : l’objectif de la Capitale est de végétaliser 100 hectares de toits, murs et façades à l’horizon 2020.

Topager : rendre la ville plus accueillante pour les espèces vivantes

L’ambition de l’ingénieur en écoconception Nicolas Bel et de son complice chercheur en écologie urbaine Frédéric Madre, quand ils ont créé Topager en 2013 ? Imiter les solutions inventées par la nature pour concevoir leurs potagers à Paris. « Notre démarche s’apparente à du biomimétisme, confie Nicolas Bel. Le sol est un terreau vivant, avec des vers de terre, des micro-organismes, des champignons. Nos fertilisants viennent de composts locaux. L’eau de pluie sert à arroser les plantes. Nous créons un véritable écosystème pour stimuler la biodiversité. Chaque espace maraîcher est unique, personnalisé au site mis à notre disposition. » Topager a créé le potager de l’hôtel Pullman Tour Eiffel. Fertilisé par les déchets de cuisine, le jardin fournit des salades, des herbes aromatiques et des fleurs comestibles destinées à la brasserie. Les réalisations de Topager ont aussi des vertus thérapeutiques : sur les toits du Centre Robert Doisneau, des jardinières ont été installées pour le bien-être de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer.

Topager a aussi été lauréat dans le cadre des appels d’offres « Réinventer Paris » et « Inventons la Métropole du Grand Paris ». Il assurera le rôle d’expert en agriculture urbaine pour le Village Olympique Paris 2024. Les fruits et légumes produits seront proposés aux athlètes et au public.

Merci Raymond : remettre le jardinage au goût du jour

Pour Hugo Meunier, président-fondateur de la start-up Merci Raymond, « Les citadins réclament du vert et du local. Or, de fait, les villes manquent de végétal. Une étude du MIT  fondée sur les données de Google Earth a montré que Paris compte 8 % d’espaces verts seulement. » Bercé dès l’enfance par les valeurs de son grand-père Raymond, agriculteur dans le Sud-Ouest, Hugo Meunier pense que les habitants eux-mêmes seront les acteurs de la révolution verte dans la ville. Alors il sensibilise, forme, enseigne le jardinage dans les écoles et cours du soir. Il lutte contre le peu de persévérance des citadins, convaincus de ne pas avoir la main verte ! « L’enjeu est de déringardiser le potager, martèle Hugo, comme ce fût le cas pour la cuisine, devenue une passion pour les Français. » Merci Raymond s’est entouré de designers, de directeurs artistiques, de paysagistes… pour donner au jardinage la modernité qui lui manque et amener les plantes jusque dans les bureaux.

« Nous végétalisons STATION F, le campus de Xavier Niel, et ses 3 000 postes de travail, s’enthousiasme Hugo Meunier. De la verdure au bureau favorise la concentration. C’est prouvé ! » Merci Raymond, tout comme Topager, tient aussi à son rôle social : avec l’association le Carillon, la jeune pousse apprend le jardinage à des sans-abri. L’objectif ? Leur permettre de reprendre une activité afin, peut-être, d’être employés pour entretenir les espaces verts des villes. Avec un bailleur social, elle gère des jardins partagés pour que les habitants se nourrissent mieux et à moindre frais. À Raymond, Hugo et ses équipes, ils disent MERCI !

Lire la suite de l’article : L’agriculture urbaine pour nourrir les populations

*Massachusetts Institute of Technology

Un article signé OKedito

© Doisneau

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